Ebo Taylor s’en est allé. Le 7 février 2026, le highlife perdait son architecte, celui qui, depuis Cape Coast, jusqu’aux scènes du monde entier, avait su tisser des ponts entre les rythmes ghanéens et les innovations du jazz, de la soul, du funk. Né en 1936, il avait commencé à gratter les cordes de sa guitare électrique dans les années 50, avant de traverser l’Atlantique pour étudier la musique à Londres. Là-bas, entre deux jam sessions dans les clubs d’Oxford Street, il croisait Fela Kuti et les futurs Osibisa. Des rencontres qui marqueraient à jamais sa façon de voir la musique : un mélange de tradition et de modernité, de groove et de réflexion.
De retour au Ghana, Ebo Taylor n’a eu de cesse de réinventer le highlife. Il y a injecté le swing du jazz, la chaleur de la soul, la puissance du funk, créant un son unique, à la fois ancré et universel. Ses albums, comme My Love and Music ou Twer Nyame, sont devenus des références, des hymnes qui font danser autant qu’ils font réfléchir. Même quand les projecteurs se sont éloignés, il a continué à composer, à produire, à inspirer. Puis, dans les années 2000, une nouvelle génération l’a redécouvert. Les rééditions de ses œuvres, les collaborations avec des labels comme Strut Records, les scènes européennes et américaines qui l’ont acclamé : Ebo Taylor est devenu, tardivement mais sûrement, une légende mondiale.
Il laisse derrière lui une discographie riche, un héritage musical qui dépasse les frontières, et cette conviction : la musique doit évoluer, mais sans jamais oublier ses racines. Comme il le disait lui-même, « il faut connaître sa culture traditionnelle avant d’y ajouter des éléments ». Aujourd’hui, le highlife perd son ambassadeur, mais son groove, lui, continue de résonner.






